L’attrape-rêves

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Myrtille

Je dois dire qu’en ce moment, je mets de plus en plus de temps à trouver quelque chose qui ait l’air bien à la médiathèque. Mon dada du moment, c’est incontestablement les rêves. Aussi, j’ai cru rêver en tombant sur un livre qui était dans le thème. Bien sur, même sans avoir lu le résumé, je ne me suis pas fait d’idées : le titre oui, mais l’histoire n’allait pas être sur le sujet. J’ai pris, en me disant pourquoi pas… Et comme presque toujours, j’ai bien fait !

Louise, 15 ans environ, vit seule avec son père au bout du monde, tout en haut, dans le village d’une vallée reculée, entouré d’arbres et de montagnes. Avec ceux de la ville d’en bas, où les enfants vont à l’école, pas question de se mélanger. Le moins de contact possible, autrement dit : “on reste entre nous”. Alors lorsqu’un nouvel élève arrive dans la classe réservé à ceux de là haut, tout le monde se dit que c’est une erreur. Pourtant non, il habite seul dans la forêt avec sa mère, mais les gens voient d’un mauvais œil ce garçon aux cheveux longs, ce garçon à la peau d’une couleur plus sombre, en un mot ce garçon différent. C’est pourtant cette différente chez Chems qui attire Louise. Aussi, lorsque la vallée est menacée par le manque d’emploi, un projet industriel visant à rendre la zone accessible au tourisme apparaît comme la solution miracle, celle qui va empêcher le départ des habitants et leur fournir un travail très bien rémunéré. Mais cette intervention demande des sacrifices, dont l’immersion totale de la vallée dans laquelle ils vivent, ainsi que la forêt et toute la nature avoisinante.

J’ai bien aimé ce livre très facile à lire. On s’immisce sans problème dans cette vie racontée par Louise. Au départ, j’ai été dérangée par le fait que le récit soit presque intégralement à l’imparfait, mais finalement ça s’est estompé et je n’y ai plus fait attention.

Le père de Louise m’a énormément plu, il n’est pas si méchant que ça, je dirais plus qu’il est paumé, c’est un peu la caricature de l’homme qui élève seul sa fille et qui s’en sort assez mal. On voit qu’il y a un cœur sous sa carrure imposante, même si parfois il apparaît franchement barbare et là je l’aime un peu moins. Il m’a fait franchement rire, avec sa question « Alors ? … » à chaque fois que Louise rentre, et le mot pithécanthrope qui lui sert à qualifier un peu tout le monde, “seul mot compliqué de son vocabulaire” d’après sa fille. Il n’est pas très causant, à part ça.

Dolores, la chauffeuse de bus d’abord plutôt effacée, m’est apparue au fil du récit comme une femme avec un caractère et des idées qu’elle aimerait défendre. Malheureusement, elle est atteinte du cancer mais personne ne le sait, enfin c’est surtout que dans la vallée tout se sait mais rien ne se dit.

« – On a tous été élevés dans cette foutue idée qu’il ne faut jamais rien dire ! Surtout ne pas se mêler des affaires des autres. Je n’en ai plus pour longtemps, Louise. Là encore, tout le monde le sait, mais chacun fait semblant. C’est plus facile pour continuer à vivre, pas vrai ? »

Chems est quant à lui un grand solitaire. C’est peut-être la raison pour laquelle je n’ai réussi à m’y attacher qu’à travers le regard que Louise pose sur lui. Il est victime du racisme des autres habitants de la vallée, mais reste digne, porté par l’amour de Louise. Leurs virées ensemble sont les seuls moment où Chems retrouve de l’humanité, où il parait s’ouvrir plus que jamais. Louise a une meilleure amie, Loreen. Au départ, elles avaient l’air proche mais finalement elles se sont espacées et j’ai presque regretté que Louise n’ai pas plus de relations avec elle. Louise donne vraiment l’impression d’être une fille bien, j’ai beaucoup aimé son personnage, ses choix et ses idées. Elle hésite au départ et finit par choisir son camp… Après il y a ceux qui passent pour les méchants, ceux auxquels il est impossible de s’attacher en ce qui me concerne. Steph, le chef de bande au lycée, celui qui se prend pour le roi du monde, et qui peut faire toutes les conneries du monde en étant sûr de ne pas se faire dénoncer, puisque tout se sait mais rien ne se dit. Le père de Steph (et là tel père tel fils correspond bien à leur duo) est barbare, près à abattre Chems qui ne fait de mal qu’au chantier.

Les thèmes soulevés sont nombreux et variés – le respect de la nature et des autres, la différence, les relations paternelles / amicales / amoureuses, le pouvoir des grands constructeurs…

Le récit est très simple, il s’agit d’un livre vraiment destiné à la jeunesse.

Note : 7/10.

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