Les Larmes de l’Assassin

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Myrtille

J’ai croisé ce livre plusieurs fois. Je l’ai vu. Je l’ai pris… Je l’ai reposé. Et ce plusieurs fois, oui oui. Malgré le petit cœur au dos, qui indique que les gens de la médiathèque l’ont adoré. Malgré les critiques qui scandaient qu’il FALLAIT le lire, qu’il était absolument génial. Et puis, j’ai fini par le prendre, enfin. Je suis loin d’avoir regretté cette lecture simple et quelque peu enchanteresse !

A la maison du bout du monde, la dernière avant la mer, vivent les Poloverdo. L’homme, la femme et l’enfant. L’enfant Paolo. Parfois, dans maison exposée à des vents extrêmes, on reçoit de la visite. Scientifiques, poètes… Assassin ? Car lorsque Angel Allegira se pointe là bas, il n’est pas moins assassin qu’avant. Et c’est presque sans scrupules qu’il fait disparaître l’homme et la femme. Mais il ne peut se résoudre à tuer le petit corps frêle qui attend son tour, alors il le garde. Et lorsque le cœur se délie et laisse enfin place à la réflexion et à la bonté, les relations avec le monde et avec soi-même n’en sont que plus belles.

Anne-Laure Bondoux trace, de sa plume simple mais pas moins poétique, la vie, le destin, les questions, la construction de ces deux personnages. Le petit Paolo grandit sans ses parents, avec l’amour d’Angel. Mais pour moi, sauf au dernier chapitre, il est resté l’enfant de cinq ans qui se pose des questions, celui-là même que l’assassin a découvert au premier jour. Quant à cet assassin, le voir aimer si fort le petit garçon l’a rendu vraiment sympathique à mes yeux. Comme quoi, un cœur s’est caché dessous son imposante carrure. L’amour qui lie les deux est si touchant, et si bien retranscrit…

« Comme il est difficile de vivre, se disait Paolo. Et comme tout est compliqué, tordu, torturé, comme les arbres secs et morts de la pampa. »

Tout en marchant, il touchait dans sa poche le bonbon jaune porte-bonheur du bout des doigts. En un sens, on pouvait penser qu’il lui avait vraiment porté bonheur, puisque Angel et lui quittaient Punta Arenas libres et riches… Mais, tout de même, il doutait des pouvoirs du bonbon. Le bonheur ne devait pas tout à fait ressembler à une cavale dans la nuit froide au bord d’une falaise qui s’effrite et pardessus laquelle on risque à tout moment de tomber. Le bonheur, s’il existait, devait plutôt ressembler à la moquette de la banque, au chauffage, à la brebis avec sa toison épaisse et douce. Ce devait être un père, une mère qui sait prendre son fils dans ses bras, des amis qui ne s’en vont pas en douce faire le tour du monde, des femmes qui se contentent de peindre des ports de pêche et qui ne donnent pas des dessins à la police…

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Une réflexion sur “Les Larmes de l’Assassin

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