Chroniques du Monde Émergé, tome 1 : Nihal de la Terre du Vent

Chroniques du Monde Emergé - T.1

Slurpy 

Il est plutôt rare que les livres rencontrés en librairies, fnac, et autres cultura ne soient ni les ouvrages d’auteurs français, ni les traductions de romans anglophones (du moins dans les rayons jeunesse/young adults). Mais la trilogie Chroniques du Monde Émergé, visiblement très connue en Italie, fait partie des exceptions.

Nihal est une jeune fille très étrange : oreilles pointues, cheveux bleus, yeux violets tout la distingue des autres habitants du Monde émergé. Fille d’un célèbre armurier, elle passe son temps à jouer à la guerre avec une bande de garçons. Mais la nuit, des voix plaintives et des images de mort hantent l’esprit de Nihal. Et lorsque le terrible Tyran envahit La Terre du Vent, elle comprend que ses cauchemars sont devenus réalité. L’heure du véritable combat a sonné. Nihal doit devenir une vraie guerrière et défendre la paix, à tout prix. Ses seuls alliés : Sennar, le jeune magicien, et une infaillible épée de cristal noir.

Serait-ce étonnant si je disais que ce livre me narguait depuis un bout de temps (plusieurs années !) et que c’est avec une curiosité grandissante que je l’ai enfin ouvert ? J’imagine que non…

Les différents mondes qu’établissent les auteurs de fantasy sont souvent similaires en de nombreux points ; pas de doutes, il est important de se différencier par une marque d’originalité (et ce quelque soit le genre, évidemment), mais surtout de donner de la crédibilité à son univers. Ici, Licia Troisi a eu la bonne idée de diviser le Monde Émergé en huit terres (Terre du Vent, de l’Eau, du Soleil, etc), mais elle ne donne quasiment pas de détails sur les lieux dans lesquels les personnages évoluent, ce qui donne l’impression assez inconfortable d’évoluer sans décors. Et si les éléments décrivant les paysages sont moindres, il en est de même quant à ceux concernant le fonctionnement politique (et social) du Monde Émergé — l’essentiel est là, mais, personnellement ça ne m’a pas parut assez. Néanmoins, il y a encore deux tomes à suivre, ainsi que plusieurs autres sagas (Guerres du Monde Émergé, Légendes du Monde Émergé,…), et j’espère que l’auteure a su développer cet aspect dans ces autres volumes.

L’univers dans lequel se déroule l’histoire n’est pas la seule chose qui aurait mérité des approfondissements supplémentaires. Certains passages, notamment dans la première partie du livre, sont un peu trop survolés ; lorsque l’auteure fait passer des jours, des semaines ou même des mois, elle ne narre qu’en quelques phrases ce qui s’est déroulé pendant ce temps-là, alors que plusieurs paragraphes — voire plusieurs pages — auraient été idéaux.
Les personnages secondaires (Sennar et Ido exceptés) sont eux aussi assez peu approfondis, ce qui est tout d’abord dommage, et ensuite étonnant, lorsqu’on constate à quel point le personnage principal, lui, est bien développé ; l’auteure maîtrise remarquablement bien son évolution au fil du temps.

Par bien des aspects, la fantasy est inspirée du Moyen-Âge — absence de technologie, sociétés monarchiques (certes plus démocratiques que ce l’on peut constater au Moyen-Âge), etc… Et il arrive parfois que les écrivains reprennent le fonctionnement sexiste de sociétés moyenâgeuses (ou plus récentes -__-), comme Licia Troisi l’a fait ici : les hommes combattent, les femmes restent à la maison, les filles gloussent et attendent l’âge de se marier. L’auteure peut volontairement instaurer cet élément, afin de créer une difficulté de plus à son héroïne ; elle développe ainsi une protagoniste forte, libre et indépendante qui se fiche bien de tout ça.
Le problème, c’est que cette dernière se considère toujours comme un guerrier et jamais comme une guerrière ; pour elle, la normalité, c’est d’être une fille qui porte des robes, qui se marie, fonde une famille… Or elle n’est rien de tout ça, et se considère donc comme anormale. MAIS CE N’EST PAS PARCE QU’ELLE EST DIFFÉRENTE QU’ELLE EST ANORMALE ! Ça ne partait sans doute pas d’une mauvaise intention, mais le fait que l’auteure donne de telles pensées à Nihal (surtout vers la fin du livre, en fait) m’a beaucoup agacée.

La fantasy n’est pas le genre qui domine mes lectures, mais c’est indubitablement mon préféré ; par conséquent, je ne suis pas sûre de posséder beaucoup d’objectivité sur le sujet. Peut-être est-ce pour cela que, malgré tout les défauts que j’ai pu trouver à ce livre, malgré le fait qu’il soit prévisible dans les grandes lignes, je me suis prise à m’attacher aux personnages et à apprécier suivre l’histoire menée par une écriture sans particularités mais visiblement efficace.

Note : 8.5/10. Je conseille, et vais de ce pas me plonger dans la suite !

Publicités

Une réflexion sur “Chroniques du Monde Émergé, tome 1 : Nihal de la Terre du Vent

Commentaires

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s