Insurgent : une adaptation (quelque peu) divergente

SPOILER ALERT
Si vous n'avez pas ni lu ni vu Divergent ET Insurgent, je vous déconseille de vous aventurer plus loin dans les méandres de ce post.

Insurgent, adaptation cinématographique du second tome de la célèbre saga de Veronica Roth, est sorti sur nos écrans français le 18 mars 2015. Cela fait donc quelques semaines que je l’ai vu ; les semaines en question représentant le temps qu’il m’a fallu pour digérer et accepter l’idée que, dans le cas d’Insurgent, le mal est fait (ET QUE CE MAL EST IRRÉVERSIBLE).

Avant de se lancer dans le vif du sujet (a.k.a. la scatologie d’Insurgent), il serait sans doute judicieux de ma part de faire un rappel sur Divergent.
Le livre : je l’ai lu il y environ un an et demi, et il a alors été un coup de cœur (je ne sais pas si ce serait le cas si je le lisais pour la première fois cette année). L’auteure mène d’une plume simple mais efficace un récit d’action où pointe un soupçon d’originalité, dans lequel elle ajoute une cuillerée de suspense et une love story quasiment inévitable. Rajoutez à cela un univers post-apocalyptique caractéristique des dystopies, et bien que vous n’obteniez pas un chef d’œuvre, vous avez l’occasion de déguster – que dis-je, dévorer ! – une lecture sympathique.
Le film : quant à son adaptation cinématographique, il n’en ressort, pour ma part, que peu de points négatifs, exceptées les quelques divergences exigées par le passage du papier à l’écran (on ne peut pas tout caser en deux heures !), et celles liées au physique de certains personnages, ainsi qu’aux différences livre/film vis-à-vis des simulations (c’est le seul point qui m’a un peu déçue). Du côté positif, on note un casting composé d’acteurs talentueux, des décors franchement pas mauvais, un scénario et une mise en scène supers, des effets spéciaux bien fichus et une bande originale ultra-cool. Pour le coup, Neil Burger et compagnie ont bien fait leur boulot et nous ont servi une adaptation que je qualifierais de réussie !

Je peux désormais m’attaquer au gros morceau : INSURGENT ! Ce volet a été réalisé par Robert Schwentke, qui, en plus de posséder un nom imprononçable, NE S’EST LARGEMENT PAS MONTRÉ À LA HAUTEUR (sans vouloir être méchante, Rob).
Lorsque j’ai vu le trailer (que vous pouvez visionner ici), j’étais carrément enthousiaste (en même temps, avec une musique pareille, comment pouvait-il en être autrement ?). Il est vrai que je ne me suis pas appesantie sur la bande annonce (je ne l’ai pas passée en boucle comme j’ai l’habitude de la faire), et je ne me suis pas vraiment posé de questions : le trailer était super, et puis je me disais qu’au pire, si Insurgent n’était pas très bien adapté, ce serait au moins un bon film d’action………
how can i've been so stupid


 → En tant qu’adaptation

Comme le rappelle si bien le résumé de la quatrième de couverture, Tris a tué son meilleur ami, Will, puis a vu ses parents mourir pour la sauver. Elle est, je cite, « rongée par la culpabilité ». En fait, Tris est traumatisée durant une bonne partie du livre, et tellement traumatisée, d’ailleurs, qu’elle a des hallucinations, fait d’horribles cauchemars et n’arrive plus à tenir une arme à feu. Or, dans les vingt premières minutes du film, ELLE FLINGUE UNE TRENTAINE DE TYPES AVEC UN PARFAIT SANG-FROID !
HEIN
MAis biEN sÛR. Tris fait un ou deux cauchemars, et ça y est, on en entend plus parler ? Si c’était aussi facile…

Ce second tome est essentiellement basé sur le psychisme de l’héroïne : son traumatisme, sa culpabilité encore et toujours, et la toile de mensonges qu’elle tisse autour d’elle. Ici, Veronica Roth ne fait pas de fan-service : Tris et Four passent leur temps à se cacher des choses, à se crêper le chignon, et à nous agacer prodigieusement ; Tris, avec ses pensées égoïstes et ses mensonges, et Tobias, qui accorde aveuglément sa confiance à sa mère et qui ment presque autant. Or, si leur relation devrait être très tendue, dans le film, TOUT VA BIEN CHEZ FOURTRIS ! Quant à Tobias, il se méfie de sa mère comme de la peste et n’adhère pas à ses plans, ce qui, certes, est bien mieux, mais totalement contraire à son comportement dans le livre.

À présent, parlons d’une scène qui me paraît très importante, mais qui a été changée et écourtée à l’écran : le jugement de Tris et Four chez les Sincères. En effet, dans le livre, les deux personnages sont contraints, sous l’effet du veritaser… je veux dire, du sérum des Sincères, de révéler un certain nombre de secrets devant toute une foule. Tobias subit d’ailleurs une véritable humiliation puisqu’il doit avouer que son père le battait. Dans le cas de Tris, qui se voit obligée de confesser le meurtre de Will, elle se crée un tas de problèmes, non seulement avec Tobias, mais également avec Christina et Cara, la sœur de Will.
Or, dans le film, le jugement est très court ; Tobias ne se fait pas humilier (il révèle juste son amour inconditionnel pour Tris – bisounours, vous disais-je), et si Tris avoue ce qu’elle a fait, Christina lui lance simplement un regard choqué, et terminé !
« – AU FAIT J‘AI TUÉ TON MEILLEUR AMI !
ok (emma stone) »

 En parlant de mort et de culpabilité, vous rappelez-vous ce moment, dans le livre, où, contrôlés par le biais d’un sérum mis au point par Jeanine, Christina, Marlene et Hector s’apprêtent à sauter dans le vide ? À ce moment là, Tris sauve Christina, puis Hector, mais il est trop tard pour Marlene, qui meure (RIP Marlene, je t’aimais beaucoup, mais personne ne sait qui tu es dans le film). La culpabilité qui ronge Tris est un élément important, qui va d’ailleurs influencer sur sa décision de capituler et de se rendre au siège des Érudits.
Or, encore une fois, non seulement Tris ne sauve pas Christina (c’est Tori qui le fait), mais elle ne sait même pas qui est le petit garçon qu’elle a arraché aux mains de la mort, pas plus qu’elle ne connaît l’identité de la fille qui est décédée. Entend-on, plus de trois fois, le prénom de l’un des personnages secondaires ? Il est réellement dommage de ne pas parler de ces derniers, qui, en plus d’être importants et intéressants, auraient apporté un petit + au film rien que par leur présence. Si on regarde bien, il y a une scène où Uriah parle, et d’autres où il apparaît, ainsi que Lynn (soit dit en passant, je lève mon chapeau inexistant devant la badassitude de Rosa Salazar). Quant à Cara, la sœur de Will, personne ne sait qui elle est ; on peut en dire de même pour Zeke et Shauna. Et du côté de Marlene, on ne voit que son cadavre, finalement. Quelle tristesse.

De nouveau, un rappel : dans le film, le siège des Sincères subit une attaque menée par les Audacieux sous la coupe de Jeanine, qui tirent sur tout ce qui bouge afin de repérer les divergents. Il s’avère plus tard que chaque personne possède un implant impossible à retirer. Ces implants permettent à Jeanine et compagnie de contrôler n’importe qui, et c’est d’ailleurs par ce moyen que la mort de Marlene est engendrée. Au passage, je signale que dans le livre, il n’est pas question d’implants, mais encore une fois, d’un sérum.
Bref, si une personne tente de retirer son implant, elle meurt. Cela pose donc un problème considérable, mais ne vous inquiétez pas, Tori va voir ce qu’elle peut faire. ET LÀ, ALORS QUE ÇA ARRANGE TOUT LE MONDE ET SANS DONNER D’EXPLICATIONS, TORI TROUVE LA SOLUTION ! CRÉDIBILITÉ = ZÉRO.

C’est ainsi que, sans transition, j’en viens à aborder la mort d’Erik. Souvenez-vous, dans le livre, c’est Tris qui le tue. Et dans le film… c’est Tobias qui l’achève. OÙ ÉTAIT LE PROBLÈME DANS LE FAIT DE FAIRE ASSASSINER ERIK PAR TRIS, AU JUSTE ? (cette phrase fait psychopathe) Pour le coup, je ne comprends vraiment pas pourquoi ce passage du livre n’a pas été respecté.
Attendez… Peut-être parce que le réalisateur ne l’a pas lu et cherchait juste à empocher du blé… Je dis ça, j’émets juste une proposition plausible.

Et enfin… venons-en au clou du spectacle, à la cerise sur la gâteau, à l’un des éléments les plus wtf de ce film… J’ai nommé *roulement de tambours*… LA BOÎTE !
Innocemment, je pensais que cette boîte au cœur du trailer abritait le sérum de contrôle des divergents, ce sérum dont il est question dans le livre…
MAIS NON ! CETTE BOÎTE SORT DE NULLE PART ! DU NÉANT !
WHAT
Ce sérum que Jeanine cherche à perfectionner afin de contrôler tous les divergents n’existe tout simplement pas, et a été remplacé par une boîte from nowhere que la grande méchante érudite tente d’ouvrir à tout prix.
Certains objecteront que cette boîte était nécessaire pour dévoiler, à la fin, cette sorte d’hologramme qui révèle plus ou moins le pourquoi du comment, ainsi que l’existence de vie humaine au-delà de la Clôture. Mais dans le livre, cette vidéo est gardée par Jeanine, et cette dernière est l’une des seules personnes à l’avoir visionnée : c’est d’ailleurs la connaissance de son contenu qui motive presque tous ces actes ! Or, dans le film, énorme incohérence, Jeanine ne connaît pas cette information, et elle ne sait pas ce que la mystérieuse boîte contient, puisqu’elle veut absolument l’ouvrir.
Bon, et cette information cruciale et bouleversante, alors ? Dans le livre, tout est fait pour nous donner assez d’éléments de compréhension, tout en nous gardant dans un flou sadique qui nous fait poser un tas de questions et élaborer un tas de théories durant l’attente précédant Allegiant. Dans le film, en revanche, c’est vite fait, bien fait ! Du moins, je ne trouve pas les explications données comme très éclairantes…

Il ne reste plus que ce coup de feu annonçant la fin du film et… celle de la grande méchante. C’est vrai, je trouve cette fin plutôt stylée (psychopaaaathe), même si la dernière réplique qu’Evelyn lâche, avant de tuer l’érudite, était prévisible. Néanmoins, je me dois de souligner que ce n’est pas Evelyn, mais bien Tori, qui, dans le livre, porte le coup fatal à Jeanine Matthews.

 En tant que film

Parce qu’une adaptation ratée peut néanmoins rester un bon film, voyons ce que donne Insurgent en tant qu’œuvre cinématographique indépendante…
Comme je le rappelais ci-dessus, Insurgent est basé sur le côté psychique de l’héroïne, ainsi que sur les états d’âmes d’une bonne partie des personnages. Or, le film ne repose que sur des scènes d’actions très répétitives, qui donnent l’impression de tourner en rond. Pour moi, le scénario est juste whAT thE fUCK.
Par ailleurs, exceptés Miles Teller dans le rôle de Peter qui lâche quelques répliques drôles et Shailene Woodley qui m’a arraché une petite larme lors du jugement chez les Sincères, je n’ai pas trouvé la performance des acteurs principaux extraordinaire… mais bon, les voix françaises n’y sont peut-être pas pour rien, surtout dans le cas de Kate Winslet.
ET LES RÉPLIQUES, PAR LES DIEUX, LES RÉPLIQUES ! Mièvres et prévisibles sont leurs maîtres-mots. Je veux dire, les livres et le premier film ne sont pas des exemples de non-mièvrerie, mais enfin LÀ, ÇA SUINTE DE PARTOUT.
Est-ce moi, OÙ LES EFFETS SPÉCIAUX SE MOQUENT-ILS DE NOUS ? Et quel est ce trip qui consiste à faire voler des éclats toutes les deux minutes ? Tant de questions auxquelles je ne peux répondre.
 Et en plus de cela, remarquez que la bande originale ne possède pas autant de panache que celle de Divergent.

→ Conclusion
everything is shit

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2 réflexions sur “Insurgent : une adaptation (quelque peu) divergente

  1. OMG T’AS CHRONIQUE ELLE DECHIRE DE LA MORT PTN ! *-* Bon, elle a beau être négative au possible je la trouve géniale, j’te jure ! Elle m’a carrément passée l’envie de voir « Insurgent » (‘: J’ai lu les deux premiers tome de la saga et je me rappelle bien de la relation Tris/Tobias et du fait qu’ils m’agaçaient énormément tous les deux et que tout le livre tournait autour de ça que ça en devenait chiant mais que comme c’était « Divergent » que le premier tome était méga topissime que la fin gérait sa maman et que derrière y avait un troisième tome (toujours dans ma pal celui-là ^^) qui promettait de gérer la fougère bah il était pardonné (je parle toujours de « Insurgent » le livre, hein !). Dooonc, si y a pas ça dans le film c’est qu’il doit pas y avoir grand chose et visiblement, c’est ce que tu dis.. Je pense que je vais finir de regarder « Divergent » (bah voui, il me reste 20 minutes et j’arrive pas à trouver le temps de regarder mdrr) et ensuite (malgré ce que j’ai dit) je vais regarder « Insurgent » pour pouvoir encore plus approuver ta chronique qui, je le répète, est juste achegedeunchleufv o:

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